97 Yvain Dewaele on French and English books

5 07 2007

I wrote to YD saying how much I liked the savage austerity of formal French prose, which has no equivalent in English — English texts show such a terrible anxiety to please. This, I thought, was why Beckett was drawn to writing in French. He replied (and very kindly agreed to let me post his reply):

Oui, la France a ses bons cotés, particulièrement en ce qui concerne les librairies (même si, depuis que je me suis installé à Rouen avec mon ami, je n’arrive pas à trouver de travail dans ce secteur, ce qui me déprime grandement et me force à me reconvertir temporairement en vendeur de popcorn dans un cinéma…). Je suis d’accord avec vous sur l’austérité de la prose française classique, d’autant plus étonnante qu’elle se conjuguait bien souvent avec un sens de la description interminable. Je me rappele avoir lu “La peau de chagrin” de Balzac alors que je n’avais que onze ans et avoir été très impressioné par le fait que la plupart des phrases faisaient une vingtaine de lignes en moyenne, une ou deux pages pour certaines… Je ne savais pas à l’époque que la plupart des grands auteurs dit classiques écrivaient par épisodes pour les journeaux, et étaient donc payés à la ligne… Qu’auraient donné les flamboyantes descriptions de 50 pages des égouts de Paris par Victor Hugo dans les Misérables si les salaires d’écrivains de l’époque avaient été calculé autrement? C’est un mystère insondable, mais assez plaisant.

Quant à ce que vous dites sur la prose anglophone anxieuse de plaire, c’est un fait dont je me suis réellement aperçu en travaillant en librairie. En effet, la plupart des clients aimant lire veulent lire “quelque chose de léger, de drôle” car, comprenez vous, “la vie est déjà bien assez triste comme ça”. Dès que j’entends cette phrase, qui est très fréquente, je sais que je dois me tourner vers la littérature américaine ou anglaise pour mes conseils. En effet, et peut-être est-ce du à l’étude de certains classiques au collège et au lycée, mais la plupart des gens s’imaginent que la littérature française ne va être que misère humaine, phrases sans fin, avec trop de social sur le tout pour être vraiment agréable à lire. Je crois que ce repli vers la littérature anglophone comme source de détente est très influencé par le cinéma. là où le cinéma français est souvent considéré comme barbant (boring) par les francais, le cinéma américain est souvent vu comme une source de détente sure et certaine.
En même temps, j’ai l’impression qu’il en va de même pour tous les pays. Au même titre que l’herbe est toujours plus verte ailleurs, la littérature semble souvent s’exporter pour mieux briller. Une amie espagnole me racontait il y a peu que pour la plupart des espagnols, Don Quichotte est juste un livre long et ennuyeux de plus à devoir lire à l’école, alors que le reste du monde le considère comme un des plus grands romans jamais écrits (à fort juste titre). Je me rappele l’avoir dévoré en me répétant sans cesse “j’aurais ADORE travailler sur ce livre à l’école”…

Personnlement, j’ai une véritable adoration pour les auteurs d’europe de l’est, et plus particulièrement les auteurs serbes. Leur constants jeux avec la narration, les genres et les codes littéraires, ainsi que leur humour noir, leur sens de l’absurde comme vérité première de ce monde et leur tendance à toujours requestionner l’Histoire (avec un grand H) me fascinent au plus haut point…

Advertisements

Actions

Information

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s




%d bloggers like this: