techniques

9 01 2009

I. – Le suicide proprement dit

1. Technique. – Les suicidants utilisent le plus souvent les moyens couramment mis en œuvre, que l’on peut classer en trois catégories (O 10) :
(a)    Procédés traumatiques.  Armes blanches (couteaux, rasoirs, ciseaux, etc.), armes à feu (revolver, fusil, explosif, etc.);  précipitation (défenestration, chute d’un rocher, etc.), écrasement  (train, voiture, machine industrielle), brûlures (inflammation, crémation), caustiques (soude, potasse, acides).
(b)    Procédés asphyxiques.  Pendaison; strangulation, suffocation ; noyade (mer, rivière, mare, baignoire) ; vapeurs de charbon; gaz; électrocution.
(c)    Procédés toxiques.  Tous les poisons sont utilisés (sels arsenicaux, strychniques, mercuriels, teinture d’iode, belladone, barbituriques, alcool, aspirine, cyanure de mercure,  etc.)

En France (O 6), on observe une différence suivant le sexe : le mode le plus fréquent est la pendaison (41% de suicides masculins, 26% des suicides féminins) ; les armes sont le deuxième mode pour les hommes (30%) tandis que les substances toxiques sont le deuxième moyen pour les femmes (24,5%); la noyade est beaucoup plus utilisée chez les femmes (20%) que chez les hommes.

En fonction de l’âge, les modes varient : les armes sont plus employées chez les hommes avant 55 ans qu’après ; la pendaison augmente avec l’âge dans les deux sexes ; les toxiques augmentent avec l’âge jusqu’à 45 ans pour diminuer ensuite ; la noyade augmente pour les deux sexes après 55 ans.

On a souligné la rareté des noyades en Suède, Norvège, Danemark, la fréquence du poison en Chine (opium, sels arsenicaux).  Le hara-kiri japonais est tombé en désuétude au profit des armes à feu et du poison (O 22).

Il existe des variations saisonnières : en hiver : le gaz ; en été : la noyade.  Les auteurs lyonnais (A. Lacassagne) ont même établi une différence significative entre noyade volontaire dans le Rhône et dans la Saône. Dans le premier fleuve se précipiteraient plus fréquemment les sujets jeunes de sexe masculin alors que le second aux eaux plus calmes serait plutôt choisi pour la submersion suicidaire par les femmes et les vieillards.

Il existe également des variations selon les régions :
En province, on use de : pendaison ; arme à feu (fusil de chasse) ; noyade.
A Paris : gaz ; médicaments ; précipitations :

Tour Eiffel        339 cas
Arc de Triomphe    33 cas
Buttes-Chaumont    15 cas
Notre-Dame        12 cas
Colonne de Juillet    5 cas

Ceci de 1889 à 1965.

Pierre Moron, Le suicide (Series Que sais-je?)

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